Naples, années 50. Lila et Elena habitent dans un quartier pauvre de Naples. Deux gamines qui font connaissance sur les bancs de l’école. Et qui, au fil des jours, vont s’apprivoiser. Naîtra ainsi une amitié passionnelle au coeur de laquelle s’entremêlent à la fois jalousie, envie, compétition et admiration. Tandis que Lila est petite, menue, déterminée, fascinante, fougueuse, intelligente, parfois méchante, Elena, elle, est calme et posée. Deux parcours de vie en apparente opposition…

A quoi reconnaît on un grand écrivain ? A l’élégance de son style, qui empoigne le lecteur par le col et le conduit derechef – sans lui laisser le temps de prendre son souffle – à travers la chronique détaillée d’un monde encore inconnu (ici l’Italie du Sud, misérable, arriérée et terriblement violente de l’après guerre) ? A sa capacité à rendre universelle une histoire absolument intime, survenant à des personnages qui ne nous sont rien mais auxquels nous finissons par nous identifier comme à des frères et des sœurs ?

En refermant cette « Amie Prodigieuse« , premier livre que je lisais d’Elena Ferrante, j’étais devenu un peu ces deux adolescentes napolitaines a priori condamnées par leur milieu social, dont je venais d’accompagner la lutte pendant 400 pages envoûtantes, pleines de vie, de doutes, de tourments, de fureur.

L’on devine bien sûr, sans avoir encore lu la suite des aventures d’Elena et Lila que tout ira bien pour la narratrice, devenue une écrivain renommée, mais que Lila – privée d’études malgré sa brillante intelligence – connaîtra une existence plus chaotique jusqu’à sa disparition annoncée dès la préface de « l’Amie Prodigieuse« .

Au fil des heures, j’ai retrouvé cette injonction paradoxale de mon enfance : lire plus vite pour suivre Elena et Lila partout, les connaître mieux, plus, et lire plus lentement pour ne pas atteindre le dénouement et les quitter trop tôt. Et lorsqu’il arrive, c’est la colère, parce qu’on aurait aimé, oh oui, on aurait vraiment aimé, enfin, j’aurais vraiment aimé qu’il fut écrit quelque part que l’amie prodigieuse n’est que le premier volume d’une série qui en compte déjà quatre. Mais où sont les trois autres ? Ils ne sont même pas tous encore traduits en français, alors combien de temps encore avant qu’ils sortent en poche ?

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